LE SYNDROME D'ANGELMAN
Il s'agit d'une maladie génétique orpheline, qui touche au hasard un enfant sur 20.000 (accident de la nature). En Belgique, il y a une centaine d'enfants répertoriés (sur 10 millions d'habitants ...) mais l'on estime que les cas d'Angelman sont beaucoup plus nombreux (500- 800?) mais non diagnostiqués; généralement les enfants atteints sont classés parmi les autistes/psychotiques/schyzophrènes.
Ce syndrome est causé par une anomalie sur le chromosome 15, anomalie qui a des conséquences désastreuses au niveau cérébral. Je précise que, selon la façon dont le chromosome 15 est touché, les enfants présentent des pathologies/caractéristiques/aptitudes diverses, avec cependant toujours un tronc commun. Le chromosome peut avoir subi une mutation ou une délétion (= un trou) (les deux situations les plus graves), ou encore les deux chromosomes 15 maternel et paternel n'arrivent pas à "s'accrocher" ou encore l'enfant dispose de deux chromosomes 15 paternels et aucun de sa mère. Ma fille est dans un de ces deux derniers cas (deux chromosomes 15 venant du père), qui sont les moins lourds.
Les conséquences sont les suivantes: retard mental (dans 100 % des cas; inquantifiable; varie selon les enfants), retard dans TOUS les apprentissages (de plusieurs mois à plusieurs années de retard, pour s'asseoir, se lever, marcher, être propre, autonomie globale, ... tout en sachant que certains ne s'asseyent jamais et ne marchent jamais), absence
quasi totale et définitive de langage verbal (dans 99 % des cas), d'écriture, de lecture (! certains enfants Angelman arrivent à lire de nombreux mots mais de façon globale: le mot entier signifie un dessin qu'ils reconnaissent), crises d'épilepsie (plus de 75 % des cas), problèmes d'alimentation (reflux digestif), problèmes de vue (du strabisme à mal
voyant voire aveugle), problèmes de scoliose, problèmes de comportement et hyperactivité, ... Le problème essentiel des enfants Angelman est leur désir de communication alors qu'ils ne disposent pas du langage; ils se tournent donc vers les signes (simplifiés) ou vers l'utilisation de pictogrammes (photos ou dessins sous forme de fiches que les parents doivent fabriquer eux-mêmes), tout cela très lentement, en fonction de chaque enfant.